Metformine : Attention aux différents sels !

La Metformine est indiquée chez le patient diabétique non acidocétosique et non insulinodépendant (diabète de type 2) de l’adulte, en particulier avec surcharge pondérale, lorsqu’un régime hygiéno-diététique n’a pas été suffisant. Il peut également être prescrit en complément de l’insulinothérapie. 

Il existe deux sels différents de Metformine :

  1. Embonate de Metformine (Stagid),
  2. Chlorhydrate de Metformine (Glucophage).

Le passage d’une forme à l’autre peut être envisagé, par exemple lors d’une indisponibilité, mais sous réserve de bien adapter la posologie. En effet, il n’y pas d’équivalence de dose entre ces deux sels et il faut donc se rapporter à la quantité de metformine base :

  • 700 mg  Embonate de Metformine       =   280 mg   metformine base
  • 500 mg  Chlorhydrate de Metformine  =   390 mg   metformine base

Par conséquent, lors du passage d’un sel à l’autre, il faut systématiquement adapter le traitement en fonction de la quantité de metformine base correspondante, sans oublier de prendre en compte la réponse clinique et biologique du patient face à ce changement.

RISQUES

Logiquement, les deux risques de ce switch sans une adaptation posologique adéquate sont soit le sous-dosage (passage du Chlorydrate au Embonate) et donc une inefficacité du traitement, soit le surdosage (passage du Embonate au Chlorydrate) et donc une toxicité iatrogénique potentielle.
D’ailleurs, plusieurs cas de troubles intestinaux (notamment diarrhées) survenant après un switch ont été signalés, signes de surdosage en Metformine. Rappelons que ces diarrhées sont dose-dépendantes, et qu’il faut alors réduire la dose avant une éventuelle ré-augmentation progressive.

Dr Ordoscopie, Pharmacien

Source(s)
– CRPV de Tours, Numéro 101, Juillet-Décembre 2014
– ANSM, Stagid 700 mg, comprimé sécable – Rupture temporaire d’approvisionnement – Adaptations posologiques nécessaires lors du remplacement par une alternative thérapeutique – Lettre aux professionnels de santé, 19/05/2014

5 Comments

    • Le mécanisme de l’acidose lactique associée à la metformine est complexe. La metformine favorise la conversion du glucose en lactate dans l’intestin grêle. La metformine inhibe également le complexe 1 de la chaîne respiratoire mitochondriale, ce qui entraîne une diminution de la gluconéogenèse hépatique due au lactate, au pyruvate et à l’alanine. Il en résulte un supplément de lactate et de substrat pour la production de lactate.

      Sources :
      – Bailey CJ, Wilcock C, Day C. Effect of metformin on glucose metabolism in the splanchnic bed. Br J Pharmacol 1992; 105:1009
      – Vecchio S, Giampreti A, Petrolini VM, et al. Metformin accumulation: lactic acidosis and high plasmatic metformin levels in a retrospective case series of 66 patients on chronic therapy. Clin Toxicol (Phila) 2014; 52:129
      – Sirtori CR, Pasik C. Re-evaluation of a biguanide, metformin: mechanism of action and tolerability. Pharmacol Res 1994; 30:187

  1. est ce qu’il y a un risque associé au switch des sels (précisément ) ou bien ces symptômes ou inefficacités de traitement est du seulement au dosage de la metformine ( où est le role joué par les sels dans l’apparition des symptômes ) ?

    • Bonjour,

      C’est une bonne question, mais je dirais que non, le risque n’est pas associé au sel précisément.
      Un sel est une association de molécules qui n’est pas électriquement neutre, ce qui va influer notamment sur son niveau de solubilité. Je ne pense donc pas que le sel ait un rôle propre dans l’apparition des symptômes.

      Mais à confirmer (si un chimiste passe par là ?) :).

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